Parlons profession, être infirmier·e en EMS

Actualités, Articles 12.05.2026


La profession d’infirmier·e s’inscrit au cœur du parcours de vie et de santé. Il·elle ne se limite pas aux gestes il·elle accompagne aussi les personnes et leurs proches, soutient l’autonomie, contribue à la prévention et à l’éducation à la santé, et agit en lien avec les différent·es professionnel·les pour garantir des prises en soins sûres, cohérentes et de qualité.

En Suisse, l’Office fédéral de la statistique (OFS) estime à 164’693 les équivalents plein temps (EPT) de personnel soignant, dont 76’362 EPT d’infirmier·es diplômé·es (chiffres 2024).

Dans ce contexte, la relève est au cœur des préoccupations : les besoins augmentent avec le vieillissement de la population, tandis que les institutions doivent à la fois recruter et renforcer la fidélisation des professionnel·les.

Un parcours de formation professionnalisant

La voie principale pour accéder à la profession d’infirmier·e est le Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers. La formation alterne cours à la Haute école et périodes de pratique sur le terrain. Elle permet d’acquérir des compétences cliniques solides, ainsi que des outils relationnels et organisationnels indispensables pour accompagner des situations souvent complexes.

Une pluralité de possibilités, au rythme des projets et des vocations

Les infirmier·es peuvent exercer dans une grande diversité d’environnements : soins à domicile, hôpital (unités de soins, urgences, bloc opératoire), centres de secours, milieu scolaire, EMS, formation, etc. Cette variété permet à chacun·e de construire un parcours qui évolue au fil des projets, des spécialisations et des responsabilités, tout au long de la vie.

À Butini, un éventail de profils et de possibilités d’évolution est à découvrir, de l’élève à la direction des soins.

  • Élève infirmier·e HES : en stage au sein de nos équipes, l’élève infirmier·e met en pratique les apprentissages de la Haute école, au contact direct des habitant·es et des client·es. Accompagné·e par des professionnel·les, il·elle consolide sa posture clinique et gagne progressivement en autonomie.
  • Infirmier·e de pool : l’infirmier·e de pool intervient là où les besoins se présentent, afin de garantir la continuité et la qualité des soins. Cette fonction demande de l’autonomie, une forte capacité d’adaptation et une vision transversale des pratiques.
  • Infirmier·e référent·e : l’infirmier·e référent·e développe une expertise dans un domaine et soutient les équipes au quotidien. Il·elle contribue à diffuser les bonnes pratiques, à former et à faire vivre des projets d’amélioration continue.

Plusieurs infirmier·es répondant·es sont formé·es et identifié·es, soit individuellement, soit au sein de groupes de travail, lorsque la thématique requiert des ressources complémentaires :

  • Infirmier·e référent·e praticien·ne formateur·rice (IRPF) : rôle de terrain qui accompagne les équipes au quotidien dans l’intégration, la formation et l’encadrement des étudiant·es soignant·es accueilli·es au sein de l’institution.
  • Infirmier·e ressource en soins palliatifs : appui spécialisé visant à optimiser le confort et la qualité de vie (douleur, symptômes, détresse) et à soutenir la prise de décision avec la personne et ses proches. Coordonne et conseille l’équipe afin d’assurer une approche cohérente, anticipée et respectueuse des valeurs de l’habitant·e.
  • Infirmier·e évaluateur·rice Plaisir (planification informatisée des soins infirmiers requis) : démarche structurée qui identifie les besoins en soins infirmiers et les traduit en un plan de soins informatisé, adapté à chaque situation. Elle améliore la continuité, la traçabilité et l’ajustement des ressources grâce à une planification objectivée, fondée sur l’analyse des besoins relatifs à l’habitant·e (biologiques, psychologiques et sociaux).
  • Infirmier·e IQM (indicateurs qualité médicaux) : suivi d’indicateurs permettant de mesurer la qualité et la sécurité des prises en soins. Démarche servant à piloter l’amélioration continue, à cibler les actions et à objectiver les résultats.
  • Infirmier·e ressource en psychogériatrie : expertise pour accompagner les personnes présentant des troubles cognitifs et comportementaux au moyen d’une approche individualisée. Soutient également les collaborateur·rices et les proches afin d’améliorer la compréhension, la relation et la sécurité au quotidien.
  • Infirmier·e PDSP (principes pour le déplacement sécuritaire des personnes) : plus communément appelée ergomotricité, cette approche regroupe des techniques de mobilisation et de transfert qui sécurisent les déplacements et réduisent les risques de chute ou de blessure. Elle protège à la fois les professionnel·es et les habitant·es, en favorisant l’autonomie, le confort et les bons gestes.
  • Infirmier·e Plaies (plaies et cicatrisation) : formation complémentaire qui approfondit l’évaluation, le traitement et le suivi des plaies complexes, selon les recommandations actuelles. Cette expertise apporte des soins plus sûrs, plus rapides et mieux coordonnés : cicatrisation optimisée, moins de complications (infection, aggravation, douleur) et un suivi plus régulier, avec des objectifs clairs.
  • Infirmier·e HPCI (Hygiène, prévention et contrôle de l’infection) : ensemble de mesures et de pratiques (hygiène des mains, précautions, gestion du matériel/isolement) visant à limiter la transmission des infections. Renforce la sécurité des habitant·es, des proches et des équipes.
  • Infirmier·e de liaison : véritable trait d’union entre les différent·es acteur·rices (médecins, proches, équipes, partenaires externes), l’infirmier·e de liaison coordonne l’entrée en EMS et sécurise le parcours. Il·elle veille à une circulation claire des informations, à l’analyse clinique de la situation du ou de la futur·e habitant·e et à la préparation d’une entrée dans les meilleures conditions.
  • Infirmier·e responsable de foyers de jour-nuit : dans nos foyers, l’infirmier·e responsable organise les soins et l’accompagnement, en lien étroit avec les équipes socio-éducatives et l’animation. Il·elle adapte les interventions à des situations variées, en soutenant notamment le maintien à domicile, l’accompagnement des troubles cognitifs et le répit aux proches. Lorsque la situation l’exige, il·elle assure aussi le lien et la préparation d’une entrée en EMS.
  • Infirmier·e responsable d’unité (IRU/IRUS) : au plus près du terrain, l’IRU/IRUS organise l’activité de soins de l’unité, soutient l’équipe dans les situations complexes, veille à la qualité des transmissions et contribue à la mise en œuvre des projets de soins et d’accompagnement.
  • Directrice des soins infirmiers : la Direction des soins fixe le cap, pilote la gouvernance clinique et veille à la qualité et à la sécurité des prises en charge à l’échelle du Groupe. Elle soutient le développement des compétences, accompagne les projets et crée les conditions nécessaires pour que les équipes puissent exercer pleinement leur rôle.

Pourquoi choisir cette voie et y faire carrière ?

Choisir les soins infirmiers, c’est s’engager dans une profession exigeante, riche et évolutive. Les parcours se construisent dans la durée, au fil des expériences, des formations complémentaires et des responsabilités.

En EMS, cette réalité prend une dimension particulière : l’infirmier·e dispose d’une autonomie importante et mobilise un large spectre de compétences, notamment en l’absence de médecin sur site au quotidien. Évaluation clinique, priorisation, surveillance, adaptation des soins, transmissions et coordination avec les partenaires (médecins traitant·es, pharmacies, hôpitaux, proches) font partie intégrante des responsabilités. La prévention des risques, l’éducation aux bons gestes au quotidien et le soutien à l’autonomie s’inscrivent également dans cette pratique, au plus près d’un lieu de vie.

À Butini, cette autonomie s’inscrit dans un cadre de pratique qui valorise la coordination, la prévention et l’amélioration continue, au service d’une prise en soins sécurisée, personnalisée et respectueuse de la dignité et des choix de chacun·e.

1 2 3 Source : CII – Conseil International des Infirmier·es, Révision des définitions des « Soins infirmiers et infirmières », Rapport final du projet, juin 2025